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Le recrutement en 7 questions et 3 « joker »

En 1985, dans la Harvard Business Review, Peter Drucker notait qu’en matière de recrutements, un tiers se soldaient par un échec, un tiers se révélaient médiocres et seulement un tiers étaient judicieux. Trente ans plus tard , on estime que le taux d’échec des recrutements se situe entre 50 et 70 %.

Ce taux peut baisser à 30% si le recrutement est conduit avec méthode au cours des trois phases qui « devraient » jalonner tout recrutement : avant, pendant et après.

Et si répondre à quelques « bonnes » questions suffisait à remédier aux recrutements décevants ?

AVANT DE RECRUTER,

et au-delÀ de la définition de fonction, une question pour bien appréhender les besoins :

Question : À quoi vous attendez-vous de la part du futur collaborateur en termes de : Compétences, Comportements, Aptitudes et potentiel

Privilégiez, dans l’ordre des priorités, l’adéquation aux valeurs et à la culture de l’entreprise, puis intéressez-vous aux compétences comportementales (manière d’être et de se comporter), et validez la capacité à apprendre rapidement la technicité requise pour occuper le poste. Tentez également de cerner le potentiel du candidat.

PENDANT, LORS DE L’ENTRETIEN de recrutement

Pour estimer la bonne adéquation « candidat entreprise/job », six questions « ouvertes », centrées sur les réalisations et les comportements dans des situations concrètement rencontrées par le candidat (pas de « discours » !)


Question 1 : Que vous attendez-vous à trouver dans une organisation comme la nôtre ?

Question 2 : Qu’attendez-vous de votre travail ?

Question 4 : Pouvez-vous donner 2 ou 3 exemples précis de réalisations correspondant à ce que vous pourriez apporter dans le job pour lequel vous postulez.

Question 5 : Parlez- moi de 2 ou 3 de vos réalisations professionnelles de ces trois dernières années qui vous ont procuré beaucoup de plaisir.

Question 6 : Parlez-moi de 2 ou 3 exemples de tâches que vous n’aimez pas particulièrement accomplir, de responsabilités que vous préférez éviter de prendre ?

APRÈS : LORS DE L’INTÉGRATION dans l’entreprise

Pour ne pas décevoir et garder intacte la motivation du candidat:

Avant l’arrivée du nouveau recruté, les membres de l’équipe d’accueil sont informés de sa venue et de sa mission, la logistique est organisée (locaux, matériel, fournitures, agenda des Premiers jours),

Dès le premier jour, le nouvel arrivant est accueilli par son responsable hiérarchique, présenté aux équipes; tous sont informés de ses place, rôle et mission au sein de l’équipe qui l’accueille.

Lors de la période d’essai : un tuteur nommément désigné suit le nouveau recruté tout au long de la phase d’intégration. Des points d’étape sont prévus en cours de période d’essai – un entretien d’évaluation est programmé peu avant la fin de la période d’essai.

JOKER

« Joker 1 » : N’y a-t-il pas des collaborateurs pour lesquels le poste à pourvoir constituerait une opportunité ?

« Joker 2 « : Opérer une répartition différente des tâches (voire en remettre en cause certaines) ne rendrait-il pas plus réactive ou plus efficace la chaîne des opérations ?

« Joker 3 »: La fonction à tenir contribue-t-elle à une finalité, source de réelle valeur ajoutée ? (laquelle ?)

Pour en savoir plus : Comment réussir un recrutement à tous les coups

Pourquoi faudrait-il avoir de bonnes notes partout ?

Certes, abondance de biens ne nuit pas et quel parent ou enfant ne se réjouirait pas de résultats scolaires satisfaisants dans toutes les matières ?

Mais est-ce lÀ la »bonne » grille de lecture ?

 « As-tu de bonnes notes à l’école » ?

entend-on souvent demander aux enfants

Réponse attendue : oui ! Et ce dans toutes les matières !

Dès le plus jeune âge, parents, instituteurs, professeurs nous apprennent qu’il est de bon aloi d’être bon dans toutes les matières.

L’institut de sondages Gallup[1] a posé aux parents la question suivante :

« Vos enfants vous montrent les notes suivantes :

anglais-18 ; Instruction civique-18, Sciences du vivant-12 ; Mathématiques-5.

Sur quelle note vous focalisez-vous ? »

En France, 87% des parents pointent le 5 (la mauvaise note !). Ils ne seront que 7% à s'intéresser aux 18.
En France, 87% des parents pointent le 5 (la mauvaise note !).
Ils ne seront que 7% à s’intéresser aux 18.

réussite à l'école et motivation

et dans la vraie vie ?

Bill Gates constate : «J’ai un ami qui a réussi à tous ses examens. Moi pas.

Lui est ingénieur chez Microsoft. Moi, je suis fondateur chez Microsoft. »

Faysal Hafidi lors d’une conférence TED à Casablanca[2] nous dévoile même « les 5 qualités qui font échouer à l’école mais réussir dans la vie »,

Les   qualités servant la réussite L’interprétation à l’école Parce   que :
Etre passionné Peut mieux faire ! Il n’a pas des bonnes notes partout
Etre curieux (toujours en recherche) Hors   sujet ! Le   professeur ne comprend pas les développements
Etre orienté objectifs Non impliqué ! Il n’excelle pas partout
Etre créatif Dispersé ! Il   aborde des sujets non prévus
Etre sociable Tricheur ! Il travaille spontanément en synergie avec les autres (même lors des examens).

Vouloir exceller partout est, pour le commun des mortels, illusoire

Les points faibles : revers des points forts !

Tout simplement parce que tout « point fort » a son revers « point faible » ; ce sont les deux côtés de la même pièce de monnaie.

– A titre d’exemple, l’expertise technique, fondée sur une vision très cartésienne  ”“ point fort – entrave la capacité à penser « out of the box » et, de ce fait, limite la créativité ”“ point faible, pendant du point fort. A contrario, une créativité débridée ”“ point fort – risque de ne pas déboucher sur des réalisations concrètes, faute de démarche de mise en œuvre logique et rigoureuse ”“ point faible. Et il est rare que ces deux talents cohabitent dans le même cerveau.

–  « Apprendre » c’est autant connaître l’échec que la réussite. Intimement liés, l’un comme l’autre sont le résultat d’expériences, passages obligés de l’apprentissage. Il n’y a que les personnes qui ne tentent rien qui ne font pas d’erreurs !

Sans compter qu’une réussite peut résulter d’une succession d’erreurs : le post-it, la vulcanisation du caoutchouc, la découverte de la pénicilline, de l’aspartame, etc la liste est longue.

L’important est d’identifier ses forces et ses points de vigilance pour ne pas faire fausse route :

avoir de bonnes notes partout ?

L’efficience ne viendra pas de la correction de points faibles, mais d’˜une capitalisation sur ses points forts.

Solliciter ses points forts, c’est aller au-devant de la réussite. Cette réussite va accroître la confiance en soi, laquelle autorisera la prise de risque, source d’innovation et de réussite. Ainsi la réussite appelle la réussite et, à défaut, à ce qui sera vécu non pas comme un échec mais comme une occasion d’apprendre et de devenir encore meilleur.

Dans tous les cas, c’est tout bénéfice ! Le plaisir d’exercer ses talents en plus. Ajoutons que « qui a pris plaisir à travailler, ne travaillera plus jamais de sa vie ». Alors pourquoi s’en priver ?

Misons sur nos points forts !


[1] Sondage réalisé dans le cadre de études Gallup sur le développement des points forts ”“ Marcus Buckingham et Donald Clifton en rendent compte dans leur ouvrage Découvrez vos points forts, éd. Pearson Education France, 2008

[2] https://www.youtube.com/watch?v=9rb5ZCe_n3k&index=2&list=PLRMeqxW1LJtnwN04hIChKqBP4fMXoalcQ

Être heureux au travail ? Je rêve ! – (idée reçue n°5)

Précisons tout d’abord ce que j’entends par « Être heureux »

Je ne parle pas ici du « plaisir », souvent intense, mais fugitif : celui qui, dès que les stimuli qui le procurent cessent, disparait.

Plaisir de posséder
Ou de celui qui nous vient du plaisir de posséder : le dernier iPhone, une belle voiture, voire même une belle femme. Nous en rÊvons et une fois que nous l’avons, le plaisir disparait.

Eprouver du plaisir ou Être heureux ?

Je parle de celui qui vous vient « de l’intérieur », celui qui ne peut ni s’acheter ni se vendre. Celui auquel on aspire Celui qui se cache en nous et se cultive ”“ c’est du boulot ! ”“ et apparait quand on éprouve le sentiment de se réaliser soi-même dans l’action, de donner le meilleur de soi.

Ne pas confondre « AVOIR du plaisir » et « ÊTRE heureux ».

Le travail peut-il contribuer au sentiment de bien-être ?

Quelques constats :

Un travail ou un loisir ?

  1. Une même activité sera vécue comme un travail pour les uns et un loisir pour les autres.
  2. Certains développent une addiction au travail !
  3. Face à certaines épreuves de la vie, le travail peut se révéler une activité libératrice.
  4. Chez les chômeurs, la fréquence des suicides est plus élevée que chez l’ensemble des Français et les études indiquent que le chômage en est la raison.

En d’autres termes, le travail n’est pas une activité neutre et exercé dans des conditions « normales » :

  • Il est un facteur de construction de son identité sociale ; vous occupez une fonction reconnue et « cadastrée ». Essayez de vous présenter en ne donnant ni votre profession, ni votre fonction, ni votre secteur d’activité.
  • Il est le fondement du lien social et apporte de la reconnaissance sociale ; il se tisse des liens entre salariés.
  • Il permet de se révéler à soi-même et de se réaliser dès lors qu’il s’accompagne d’autonomie et a du sens aux yeux de celui qui l’exerce.Il peut même amener à connaître un état que  Mihaly Csikszentmihalyi appelle le « flow », ce « sentiment que l’on ressent lorsqu’on réalise quelque chose qui est parfaitement en harmonie avec nous-même ».

Être heureux au travail !

Ce n’est pas le fait de travailler qu’il faut incriminer ; c’est le travail qu’il faut soigner !

Toutes les enquêtes le disent : la qualité de vie au travail repose sur trois piliers :

  • Un travail qui a du sens (se sentir utile, participer à une œuvre collective) et que l’on aime ;
  • Des  conditions de travail satisfaisantes (avoir les moyens et le temps de bien faire son travail  ”“  une vie professionnelle compatible avec sa vie personnelle) ;
  • Une ambiance positive (reconnaissance et bienveillance en sont les piliers) ;
  • Et, pour certains, la possibilité de développer de nouvelles compétences. Dans ce domaine les entreprises ne sont pas toujours en bonne santé et certaines le sont de moins en moins.

Il est toutefois possible d’espérer en une nouvelle génération d’entreprises dont Frédéric LALOUX rend compte dans son ouvrage «  Reinventing Organizations .

En attendant, notre pire ennemi est au-dedans

En attendant cette ère nouvelle, chacun peut exercer sa part de responsabilité, ne pas attendre pour commencer une deuxième vie, « le jour où il réalise qu’il en a juste une », et décider de prendre en mains sa vie.

6a017c35812c82970b01a3fd248fbc970b-800wiSur le comment ?

Aller faire un tour sur votre météo professionnelle :

Parce qu’elle est bien payée, une personne sera plus motivée. (idée reçue n°4)

Il est souvent admis que la motivation d’un salarié est fonction de son niveau de rémunération. Le lien est-il aussi direct ? Les choses ne sont-elles pas plus subtiles ?

Et si l’on se fiait à notre sens de l’observation ?

Pour ma part, que ce soit dans ma vie de manager et dans celle de consultante en management, je n’ai pas observé de corrélation entre niveau de rémunération et motivation :

– J’ai observé que la motivation des personnes n’était pas liée à leur niveau de responsabilité : quel que soit le niveau de responsabilité, on trouve des personnes motivées et d’autres qui ne le sont pas ;

– J’ai observé qu’À fonction équivalente et rémunération différente, ce n’était pas obligatoirement les personnes les mieux payées qui étaient les plus motivées ;

– J’ai observé qu’À fonction et rémunération équivalentes, certaines personnes étaient motivées et d’autres ne l’étaient pas.

Quel lien entre rémunération et motivation ? Quel lien entre rémunération et motivation ?

Tout se passe comme si motivation et rémunération étaient indépendantes l’une de l’autre.

«Il faut tout voir ! »

Deux témoignages, recueillis à l’occasion de missions éclairent le phénomène.

– Celui d’Aurélie, en charge de la propreté d’un centre de remise en forme, repris dans mon ouvrage « Et si on décidait d’être heureux, même au travail ? » : « J’ai besoin de mon salaire, mais 100 € en plus et derrière je trime ? Il faut tout voir. Non. Ici, je suis bien. »

– Celui de Thomas, un informaticien, en charge du développement au sein d’un éditeur de logiciels de documentation, au plus fort de la guerre des talents informatiques : « Je sais, je pourrai gagner 30% de plus ailleurs, mais ici je peux Être heureux durablement : j’ai un job qui me plaît, avec des enjeux significatifs, qui me permet de côtoyer des gens présentant de l’intérêt ; je peux avoir une vie familiale car, même s’il faut travailler beaucoup dans la semaine, j’ai des jours de RTT à lui consacrer. »

Autrement dit, la motivation trouve sa source dans de multiples facteurs.

Il est même probable que la rémunération joue plus comme un facteur de démotivation (si elle est nettement inférieure à celle du marché ou si elle est injuste, peu équitable) que comme un facteur de motivation.

La rémunération est une condition nécessaire (qu’elle soit dans le marché et équitable), mais non suffisante.

« On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif »

la rémunération est une condition nécessaire, non suffisante

On ne motive pas durablement quelqu’˜un à l’aide d’une augmentation ; ou alors il faut Être prÊt à renouveler très régulièrement l’augmentation. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une motivation « extrinsèque », qui provient de l’environnement : un bâton ou une carotte

Que la sanction ou la récompense viennent à manquer et la motivation chute aussitôt.

La « vraie » motivation vient de l’intérieur,


La "vraie" motivation vient de l'intérieur

de ce dont la personne a naturellement « envie » :

sa passion, ce qui lui procure de la satisfaction ou du plaisir

Alors ?

Une rémunération a minima dans le marché et, dans l’entreprise, équitable

et « cap toute » sur les facteurs de motivation intrinsèques

par voie de conséquence sur…. la qualité du management.

On travaille juste parce qu’il faut bien gagner sa vie. (idée reçue n°3)

Travailler pour vivre ? Travailler plus pour gagner plus, voire … moins ? Perdre sa vie à la gagner ? Le travail n’a pas obligatoirement bonne presse.

Et pourtant !

Tout le monde s’accorde pour considérer, à titre personnel, le chômage comme une épreuve et au niveau de la société l’objectif de baisse du taux de chômage fait consensus.

Les études ont d’ailleurs montré que le risque de suicide est multiplié par 2 à 3 chez les hommes chômeurs en comparaison à des non chômeurs.[1]

Théodore Zeldin[2], qualifie notre système « d’étrangeté hexagonale ! Et d’abord vos 35 heures, qui marquent la fin du XIXème  siècle. En ce temps-lÀ, les ouvriers contraints à un travail pénible, sale et éreintant, cherchaient à réduire autant que possible le nombre d’heures passées à l’atelier ou en usine. Or les conditions ont changé l’Être humain veut désormais se réaliser dans son métier. »

On travaille juste pour gagner sa vie ?

Le travail «en santé » est bien plus qu’un gagne-pain

  • Certes, il donne les moyens, au travers du revenu qu’il procure, de pourvoir à ses besoins matériels,

Mais il a bien d’autres « fonctions » :

  • C”est un pivot autour duquel se construit notre identité.

Pour s’en convaincre, un mini-test : essayez de vous présenter en ne faisant état ni de votre métier, ni de votre fonction, ni de l’entreprise dans laquelle vous travaillez

  • Il est un moyen d’acquérir sa dignité, celle de se savoir un vrai professionnel et de se voir reconnu socialement ;
  • Il est un vecteur d’intégration sociale, au-delÀ même de la structuration du temps qu’il induit ; GALLUP a identifié que le fait de compter des amis dans son entreprise est un des 12 facteurs clés du bien vivre son travail .

Seulement le système rend le travail malade

Les illustrations qui suivent sont de Gregory MARIA, tirées du Manifeste  » De quels leaders avons-nous besoin ? »

arrêtez de traquer les erreurs

Le malaise actuel nous vient plutôt de ce que l’homme au travail n’est plus considéré comme un sujet, mais comme un objet  au même titre que l’outil de travail.

arrêter de prescrire le "comment" sans expliquer le "pourquoi?"

L’homme est réduit à une machine, censée effectuer le travail prescrit, souvent contraint.

Alors que  l’homme ne se réalise que dans le travail autonome.

arrêtez de nous parler uniquement du court terme

L’homme est devenu une  « ressource »  (dont on a d’ailleurs confié la gestion à une  « Direction des Ressources Humaines » !), une variable d’ajustement dans le pire des cas, un investissement dans le meilleur.

Résultat :

L’entreprise n’est plus une communauté ; elle n’est plus qu’une « boîte », une structure juridique, un lieu où contractent des acteurs sociaux, une « machine à cashflow ».

Quand sa raison d’être « humaine » est de réunir des personnes pour créer un produit/un service qu’ils ne pourraient réaliser seuls : « Permettre à des gens ordinaires de réaliser des choses extraordinaires ».

Et les salariés en sont réduits à « aller au travail les pieds par en dedans », comme le disent nos amis canadiens

C’est bien le système qu’il faut soigner, pas le travail !


[1] Impact of 2008 global economic crisis on suicide: time trend study in 54 countries Shu-Sen Chang, David Stuckler, Paul Yip, David Gunnell BMJ 2013;347:f5239

[2] Britannique, Historien, professeur de littérature française à Oxford,

Entre évolution professionnelle et vie personnelle, il faut choisir. (idée reçue n°2)

Un consensus semble s’établir autour d’une séparation, de mon point de vue artificielle, entre vie au travail et vie « ailleurs qu’au travail » (vie personnelle, vie familiale, vie sociale) ; comme si l’on pouvait traiter de l’une en faisant abstraction des autres.

Mais :

Vie personnelle et vie professionnelle interfèrent en permanence

Parce que l’on passe une bonne partie de sa vie au travail, parce que la « cloison » entre vie professionnelle et vie privée n’est pas étanche, et l’est de moins en moins, le travail impacte fortement la qualité de vie de tout un chacun.

Tout comme, d’ailleurs, la qualité de vie personnelle retentira sur le comportement au travail.

Pilote de notre vie, nous sommes comme un marin à bord de son radeau

Pour reprendre l’image donnée par Jean-Paul Pianta, chiropracteur[1], nous sommes comme un marin sur un radeau, flottant grâce à quatre grosses bouées rondes maintenues par des barres d’aluminium.

 Equilibre entre vie professionnelle et vie personnelle

Chaque bouée correspond à un des pôles de notre vie. Le radeau forme un tout. Il a besoin d’un marin qui :

–   le « sent bien », devine avant qu’elle ne se produise par où l’avarie peut arriver et agit de manière préventive, à temps pour éviter cette avarie ou en limiter la portée ;

–   sait où il veut aller de sorte que le voyage prenne sens ;

–   veille à l’harmonie du travail de ses quatre bouées pour assurer l’équilibre du radeau ;

–   sait tirer parti des éléments et, loin de lutter contre eux, oubliant la ligne droite, choisit la route qui sera servie par les vents.

Il en va de même de notre équilibre de vie et du bien-être qui l’accompagne.

C”est, me semble-t-il, une profonde erreur que de vouloir opposer l’une et l’autre. C”est la même personne, avec ses joies, ses peurs, ses tristesses et ses colères qui vogue de vie personnelle en vie professionnelle et réciproquement.

Le bien-être repose sur la qualité des temps de vie

La question de l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle ne se pose pas en termes quantitatifs [idée reçue ]. Comme en matière d’éducation des enfants, ce qui compte n’est pas tant la quantité d’heures passées avec eux, que la qualité des moments qui leur sont consacrés.

La seule question qui vaille d’être posée n’est pas  « est-ce que je peux concilier vie professionnelle et personnelle » à partir d’une comptabilité des temps consacrés à chacune de ces vie, mais « est-ce que l’une de mes vies impacte négativement l’autre ? ». Et si, et seulement si, la réponse est oui, quels aménagements de l’une et de l’autre y remédieraient ?

En ce sens, la qualité de vie au travail est cruciale, mais ni plus ni moins que celle de « nos autres vies ».


[1] Jean-Paul PIANTA ”“ La révolution du mieux-être, éd. Ramsay 1998