Pourquoi deux collaborateurs, avec le même poste et les mêmes conditions, ne réagissent-ils pas de la même façon ?
L’un s’investit, propose, va au-delà même des attentes. L’autre fait le nécessaire, pas plus, et même parfois tout juste.
Ce n’est pas une question de compétence. C’est une question de moteur — et le moteur n’est pas le même pour tout le monde.
Le malentendu du salaire
On y pense en premier, presque par réflexe. Augmenter, offrir une prime, ajuster la rémunération. Et pourtant : le salaire n’a jamais motivé personne durablement.
Il fonctionne autrement
Une rémunération jugée injuste, ou nettement inférieure au marché, démotive — c’est réel, et ça peut casser un engagement en quelques semaines.
Mais l’inverse n’est pas vrai. Un salaire correct ne motive pas. Il est juste une condition nécessaire pour ne pas démotiver.
Une prime, et même une augmentation significative, produit un pic d’énergie qui retombe dès qu’elle devient acquise — au bout de quelques mois, elle fait partie du décor. La renouveler plus souvent ne change rien à cette mécanique : elle ne devient pas, pour autant, un moteur. Elle ne fait que repousser le moment où le pic d’énergie retombera.
Le salaire est un facteur d'hygiène
pas un facteur de motivation.
Jugé injuste — par rapport au marché ou en comparaison avec d’autres — il pèse.
Jugé correct, il ne pousse à rien.
Ce qui motive réellement
Une fois le sujet salaire écarté, ce qui reste se répartit en quelques grandes familles. Pas une liste à cocher, pas une grille à appliquer — des repères pour comprendre ce qui anime une personne.
Tous ont besoin d’un climat de sécurité, de se sentir acceptés, pour oser s’investir.
Ensuite, il y a ceux qui puisent leur énergie dans la qualité des liens autour d’eux — de bonnes relations, une ambiance chaleureuse.
Il y a ceux qui sont sensibles à leur statut, aux signes extérieurs de reconnaissance.
Il y a ceux pour qui l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle est primordial.
Il y a ceux qui ont besoin d’un vrai espace de liberté — décider comment faire, ne pas être dans un carcan où il suffirait d’exécuter ce qu’on leur dit ; d’autres, à l’inverse, seraient terrorisés à la seule idée de devoir décider eux-mêmes de la manière d’opérer.
Il y a ceux qui se nourrissent de progression — apprendre, être mis au défi, développer leur potentiel ; rien ne les démotive plus que la routine.
Et il y a ceux pour qui rien n’a d’intérêt sans un sens perçu, sans le sentiment de servir quelque chose de plus grand qu’eux — relier leur travail à quelque chose qui les dépasse.
La plupart des gens ne sont pas purement l’un ou l’autre. Mais chacun a une dominante — et c’est elle qui explique pourquoi la même situation motive l’un et laisse l’autre indifférent.
Pourquoi ça bouge ?
Ce qui motivait un collaborateur il y a trois ans n’est pas forcément ce qui le motive aujourd’hui.
L’ancienneté, l’âge, les événements personnels déplacent les moteurs.
Un junior en quête de reconnaissance devient, avec l’expérience, quelqu’un qui cherche surtout de l’autonomie.
Quelqu’un porté par l’apprentissage peut, à un moment donné, basculer vers le besoin de transmettre.
Une cartographie faite une fois pour toutes ne sert à rien. Ce qui compte, c’est de savoir regarder — régulièrement, pas ponctuellement.
Un exercice, pas un diagnostic
Pensez à deux ou trois personnes de votre équipe
Pas toute l’équipe — deux ou trois suffisent.
Pour chacune, rappelez-vous un moment récent où vous l’avez vue vraiment prise par ce qu’elle faisait. Pas juste occupée — happée. Qu’est-ce qu’elle faisait, à ce moment-là ?
Et l’inverse : un moment où elle traînait, remettait à plus tard, bâclait. Sur quoi ça portait ?
Regardez les deux, côte à côte. Qu’est-ce qui les rapproche ? Qu’est-ce qui les oppose ?
Vous avez sans doute déjà une explication en tête.
Avant de la garder, mettez-la de côté une minute.
Et si ce n’était pas ça ? Qu’est-ce que vous n’avez pas envisagé, parce que ça ne vous aurait, vous, jamais fait vibrer de la même façon ?
Il n'y a qu'une façon de savoir si vous avez vu juste : demandez.
Pas « qu’est-ce qui te motive » — trop abstrait, personne ne sait répondre à ça à froid.
Demandez plutôt ce qui, dans les dernières semaines, lui a donné envie de s’investir. Et ce qui, au contraire, l’a plombé.
Une suite possible
Demandez à chacun de vos collaborateurs directs de le refaire pour ses propres collaborateurs, et ainsi de suite.
Vous ne pouvez pas, seul, généraliser cette pratique à toute l’entreprise.
Mais si vous ne démarrez pas, si vous ne donnez pas l’impulsion, elle ne démarrera nulle part.
Une photo, pas une étiquette
Ce que vous aurez repéré n’est pas une étiquette à coller sur la personne.
C’est une photo prise aujourd’hui.
Elle peut changer demain.
Et après
Comprendre ce qui motive vos collaborateurs est une chose.
Comprendre pourquoi, malgré cela, rien ne change vraiment au quotidien en est une autre.
C’est précisément ce qu’explore le pilier Motivations du Leading System™.


