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Covid 19 – ce que l’on sait de l’après crise

L’incertitude sera notre seule certitude

Covid 19, ce que l'on sait de l'après crise

Quelles prévisions fiables pour l’avenir ? AUCUNE !

A la lecture des pronostics des uns et des autres – entre retour au monde d’avant, “voire même en pire » et naissance d’un monde nouveau car « plus rien ne sera comme avant » – chacun de nous a le choix de ses croyances. Le classique « biais de confirmation » à l’œuvre chez chacun autorise à croire aussi bien à tout qu’à son contraire : tout dépend de ses convictions antérieures. Notre attention est sélective : les informations allant dans le sens de ses propres convictions seront privilégiées, voire recherchées, quand celles qui leur sont contraires sont ignorées ou sous-estimées.

Sommes-nous face à une donne provisoire et nous reviendrons à ce qui prévalait avant la pandémie ou le paysage économique et social va-t-il s’en trouver significativement modifié ?  La vérité est – c’est ma croyance – que personne n’en sait rien.

La seule attitude réaliste est d’admettre l’imprévisible plutôt que tenter de le prévoir et d’accepter l’incertitude.

Ce que l’on peut dès à présent retenir ?

  1. L’incertitude devenue notre quotidien, il est inutile de raisonner par analogie avec ce qui est connu.
  2. L’imprévisible rend toute planification impossible. Les plans ne servent à rien. En revanche, raisonner par scénarios a une grande utilité. Non pas que l’un des scénarios soit pertinent, mais en ce que les avoir envisagés a permis un « entrainement » de l’esprit à identifier les variables pouvant agir, à faire des liens entre plusieurs données ou caractéristiques, à développer des approches systémiques. Toutes choses qui, d’ores et déjà apprivoisées lorsque le futur deviendra le présent, permettront de gagner en rapidité et en pertinence d’adaptation, rendront plus agiles face à la surprise de demain.
  3. Le plus sage est de « se muscler », de croire en ses ressources et ses forces, et de les développer.

La réalité étant ce qu’elle est, n’est-il pas plus judicieux :

  • d’apprendre à vivre pleinement le moment présent sans vouloir à tout prix contrôler l’avenir ? Montaigne ne nous y incitait-il pas déjà en partageant ce constat : “ ma vie a été pleine de terribles malheurs dont la plupart ne se sont jamais produits “.
  • de croire en nos capacités d’adaptation et nos possibilités de résilience pour nourrir l’espoir et ne pas céder à la peur.

En attendant ce que l’avenir nous réserve, tirer parti du présent

Je suggère de suivre le conseil que nous donne Edgar Morin : dans un avenir incertain, essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. L’enjeu est d’espérer.

  • A titre individuel, c’est tirer parti du ralentissement, l’arrêt de la course à la vitesse que le coronavirus nous impose pour prendre le temps de redéfinir ses priorités. Après quoi courrons-nous ?
  • Au niveau collectif, c’est considérer, comme nous le propose le Président allemand, Franck Walter Steinmeier, que le COVID19 n’est pas un ennemi contre lequel nous sommes en guerre, mais un test de notre humanité. En nous obligeant à arrêter une course folle, il nous donne l’occasion de redécouvrir les priorités de la vie humaine en société.

Et pour finir sur une note positive

Je vous propose :

  • le TEDEx de Yannick Roudaut, prospectiviste et ancien spécialiste des marchés financiers. Il y dresse un parallèle entre la Renaissance et l’époque actuelle et termine sur une proposition de nouvelle controverse et de son organisation (à 11’13). (Merci à Neocamino de me l’avoir fait connaître)
  • Et de faire confiance à Friedrich Hölderlin «  “Là où croît le danger, croît aussi ce qui sauve.

Pourquoi le Coronavirus ? ce qu’il nous a d’ores et déjà appris

J’ai la conviction (et vous pouvez ne pas la partager, mais c’est la mienne) que si nous ne tirons pas les leçons de l’épisode du Coronavirus, une autre crise surviendra, plus grave et ce jusqu’à ce que nous en tirions les leçons. A moins que nous ne préférions voir notre espèce disparaître. Nous ne serions pas la première.

Deux leçons de vie irréfutables

Il est deux leçons que nous pouvons continuer à ignorer, mais qui, dès le début de la pandémie, se sont imposées, irréfutables : nous sommes tous interdépendants et du sort des uns dépend le sort des autres.

L’interdépendance de tous rendue palpable

Nous serions certainement bien avisés d’entendre cette leçon que le coronavirus nous assène sans nous laisser la possibilité de la nier. Le coronavirus, ce minuscule virus, nous apprend ce que tous les spécialistes de la complexité nous enseignent depuis des années et des années, sans que nous en tirions les conséquences : l’interdépendance !

Pourquoi le Coronavirus, ce qu'il nous a d'ores et déjà appris

notre interdépendance, en image

(carte en date de juillet 2020 – source : Wikipedia)

La coopération rendue incontournable pour en sortir

« Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau ». ( Einstein )

Ce sur quoi cet apprentissage pourrait/devrait déboucher : l’abandon des relations de pouvoir (« je gagne, tu perds ») au profit de la coopération (« nous gagnons ensemble ou nous perdons ensemble aussi ») en raison de l’interdépendance dans laquelle nous nous sommes placés.

Ce que le coronavirus peut aussi venir guérir

Guillaume Lemonde, médecin et chercheur, nous propose, lui, de réfléchir autrement, et nous livre, en alternative, une analyse de ce que vient réveiller le coronavirus, ce qu’il vient essayer de guérir en ralentissant de la sorte l’économie mondiale.

Poser cette question, c’est ouvrir le champ des possibles, c’est nous inciter à réfléchir au-delà du moment présent.

Et si le coronavirus était venu pour guérir nos peurs et nous inciter, individuellement à vivre vraiment et, collectivement, à changer de voie ?

au niveau individuel : guérir de nos peurs pour nous permettre de vivre vraiment.

Guillaume Lemonde nous propose un parallèle avec la maladie physique :

« Loin d’être une ouverture, la mondialisation constitue un enfermement dans l’horizon que l’on connait et que l’on exporte au point d’envahir celui des autres. Tel un virus ayant besoin des ressources d’une cellule hôte pour se multiplier …un virus tourne à son profit la vitalité d’une cellule hôte,qui meurt après son passage. Nous sommes en train de faire ça avec la planète entière.

Chaque maladie survient en proposant un contrepoids à un déséquilibre sous-jacent. En déséquilibrant l’ensemble dans l’autre sens, la maladie permet de s’approcher de l’équilibre. Par exemple, si vous avez attrapé froid, peut-être aurez-vous une fièvre. La fièvre est une manifestation pathologique, mais également une tentative de guérison de l’excès de froid vécu avant.

Alors, il est intéressant de se demander ce que le virus vient essayer de guérir en ralentissant de la sorte l’économie mondiale.

Et Guillaume Lemonde de conclure : ce virus est venu réveiller des peurs, mais ces peurs ne sont le fait du virus. Il est juste venu réveiller des peurs déjà là : la peur de l’autre , la peur de l’inconnu, le manque de confiance en l’avenir, etc… la peur de la vie !

En savoir plus sur cette approche peu académique : https://saluto.fr/coronavirus-et-mondialisation/

Maintenant imaginez que la vie ne soit qu'un long fleuve très tranquille, complètement sécurisé et  sans la moindre surprise car tout serait "bordé". Une vie sans le moindre grain de sel pour la pimenter. Vous achetez ?

au niveau collectif, nous inciter à changer de voie

Des voix s’élèvent en ce sens, notamment celle d’Edgar Morin, dans son dernier ouvrage : Changeons de voie.

Le CIRIEC (Centre International de Recherches et d’Information sur l’Economie Publique, Sociale et Coopérative), de son côté, qualifie cette crise de structurelle et non conjoncturelle (simple contrecoup du confinement), considérant que “le capitalisme est dans une impasse économique” (pages 9 à 11). Le coronavirus aurait le mérite de mettre en évidence cette impasse pour nous inciter à “introduire un temps de rupture fait de réflexions sur le sens à donner à l’activité humaine et la place de l’économie dans nos vies “.

Le Coronavirus, un mal pour un bien ?

Mes vœux 2020

Pour aborder cette nouvelle année, j’ai eu envie, en guise de vœux, de nous offrir 8 minutes hors du temps.

8 minutes de contemplation, d’émerveillement pendant lesquelles, peut-être même, retiendrez-vous votre souffle.
8 minutes de temps retrouvé où seul le moment présent compte.

Une prouesse de l'artiste : équilibre et concentration poussés à l'extrême
Miyoko Shida Rigolo

Je vous souhaite beaucoup de vivre beaucoup de ces minutes tout au long de l’année 2020.

Vous pouvez aussi prolonger ce moment en regardant la vidéo qui accompagne “mes vœux valables toute l’année”.
Ils datent de 2017, mais se prêtent, eux aussi, à être regardés à tout moment. Pour s’offrir un temps de déconnexion avec l’agitation de ce monde et renouer avec notre humanité.

Pourquoi se limiter à l’exploration du passé pour comprendre le présent ?

Vous viendrait-il à l’idée de conduire en passant plus de
temps à regarder dans votre rétroviseur qu’à regarder la route devant
vous ?
Et c’est pourtant ce que nous faisons dès qu’il s’agit de
la conduite de notre vie !

Le passé pour éclairer le présent : une lanterne dans le dos …

Formés que nous sommes à penser de manière analytique, à rechercher les liens linéaires entre causes et effets, nous nous tournons toujours vers le passé pour comprendre le présent, surtout quand ce présent nous déplaît.

L'arbre des causes : rechercher les causes du présent dans le passé.
Mille et une raisons du passé pour expliquer le présent
et nous imaginons un futur prévisible à la lumière du passé.

Mais si, ce passé, responsable du présent certes, avait une raison d’être se trouvant dans le futur ?

alors, c’est au regard de l’avenir que le présent trouverait sa véritable cause, sa raison d’être

Le présent, juste une école de vie …

J’en avais l’intuition quand, face à l’adversité, il me semblait, la réalité étant la réalité, que la seule réflexion digne d’intérêt était : « Que dois-je apprendre de ce qui m’arrive ? ». Ne pas m’attarder sur le passé – il est joué -, sinon pour en tirer quelques leçons, « la substantifique moelle » ?

C’est ce que nous propose le Dr Guillaume Lemonde avec la démarche qu’il a  développée : comprendre ce qui nous arrive à la lumière de ce que nous avons à apprendre au cours de notre vie. Les circonstances, ce qui nous apparaît comme les causes de ce qui nous arrive, ont le rôle qu’a au théâtre le décor. Le décor n’est là que pour supporter le jeu de l’acteur.

De la même manière, les circonstances du passé ne sont là que pour nous permettre d’expérimenter, de comprendre, de changer notre regard, d’aller vers plus de lumière.

Le présent est-il obligatoirement le résultat du passé

Il me semble que le « Comment » en suis-je arrivé là est secondaire. Le plus important est plutôt « Pour Quoi » en suis-je arrivé là ?  – et non Pourquoi en suis-je arrivé là – Qu’ai-je à apprendre de cette expérience de vie ? 

Apprendre de la Vie
La Vie est un si bon prof. que si tu n’apprends pas la leçon, elle te la répète !

Face à ce qui nous arrive, oublier le « A cause de Quoi ? »  et s’intéresser au « Pour Quoi ? », à ce que nous avons à y apprendre, à la ressource qui nous fait défaut et nous rend victime de notre passé.

Une vraie innovation de rupture !

Un boulevard pour en finir avec nos peurs, nos doutes et… nos croyances. Une vraie innovation de rupture dans la conduite de nos vies : passer de la recherche des causes à celle de la raison d’être.

Des vœux valables à tout moment

Chaque année, les vœux balaient ceux de l’année dernière, mais je n’ai pu me résoudre à faire un sort à la vidéo qui accompagnait les miens en 2017. Peut-être, comme moi, apprécierez-vous de la visionner une nouvelle fois ?

Elle est aussi l’illustration parfaite de ce que la vie de tous les jours peut receler de “grands moments”, même lorsqu’ils  sont furtifs, pour peu que l’on y prête attention.

Il ne tient qu’à nous de renouer avec notre humanité, pour que nos vies continuent à avoir du sens, quelle que soit l’agitation du monde.

Et, bonne nouvelle, l’émotion que nous éprouvons est contagieuse : le retour est assuré.

Alors, peut-être, est-il bien de revenir de temps à autre à cette vidéo pour nous le rappeler et, les jours où notre mental veut bien s’y prêter, nous en inspirer…